Gare aux arnaques présentes sur Le Bon Coin

22 Sep 2022 Cabinet d’avocats Ziegler & Associés Arnaques

Le développement des plateformes d'e-commerce permet à de nombreux utilisateurs d'acheter rapidement des produits neufs ou d'occasion. Cependant, des utilisateurs dénoncent des pratiques nuisibles concernant certaines plateformes où les escroqueries deviennent nombreuses.

Aujourd’hui, nous abordons deux arnaques connues sur la plateforme Le Bon Coin :

  • Les faux mails Le Bon Coin
  • Le paiement via Paypal

Le phishing sur Le Bon Coin

Souvent dans ce cas, l’escroc n’est pas le vendeur mais l’acheteur. Dans cette arnaque, l’acheteur contacte le vendeur pour son bien et lui informe qu’il va effectuer le paiement via la plateforme sécurisée de Le Bon Coin. Jusque-là, le vendeur ne se doute de rien.

En réalité, l’acheteur va envoyer un faux mail de confirmation de paiement au vendeur avec une adresse se faisant passer pour Le Bon Coin. Dans ce mail, on y retrouvera les informations du soi-disant acheteur tels que le nom, le prix payé, le titre de l’annonce et l’adresse du destinataire. Par ailleurs, sur cette adresse se trouve généralement un point relais et non l’adresse de l’escroc afin qu’il ne puisse être retrouvé.

Pensant que l’acheteur a bien effectué le paiement, le vendeur expédie le colis, mais se rendra compte quelques jours plus tard qu’il ne recevra jamais le paiement.

Payer un bien sur Le Bon Coin avec Paypal

Pour cette arnaque, l’escroc va dire qu’il préfère payer via paypal et non via la plateforme de paiement, et prétexter diverses raisons :

  • Le « manque de fiabilité de la plateforme »
  • Un virement plus rapide et plus simple

Pour effectuer un paiement via paypal, il suffit d’entrer l’adresse mail du vendeur ou bien que celui-ci vous envoie un lien de paiement Paypal.me. En revanche, la deuxième option n’est pas sécurisée puisque dans ce cas, l’escroc vous envoie un faux lien qui permettra en réalité de voler vos identifiants lorsque vous vous connecterez. Il est donc recommandé de procéder à un paiement via l’adresse mail pour être sûr qu’il n’y a pas de soucis.

Si jamais vous êtes victime d’arnaque, Le Bon Coin ne pourra rien rembourser car vous n’aurez pas effectué la transaction sur la plateforme.

Comment éviter les arnaques sur Le Bon Coin

Malgré les systèmes de paiement sécurisés, il faut toujours faire preuve de vigilance lorsqu’on vend ou achète sur les plateformes de vente entre particuliers. Par ailleurs, méfiez-vous des acheteurs qui acceptent/proposent de payer plus cher ou se disent prêt à payer les frais de livraison.

Pour éviter toutes escroqueries nous recommandons :

  • d’échanger par le biais de la messagerie intégrée à la plateforme ;
  • de préférer une remise en mains propres ;
  • et, au moindre doute, de chercher des témoignages sur les forums ou même de ne pas donner suite.

Que dit la loi sur ces arnaques ?

Ces faits constituent une escroquerie, au sens de l’article 313-1 du code pénal. 

« L'escroquerie est le fait, soit par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une qualité vraie, soit par l'emploi de manoeuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. » La tentative d’escroquerie est passible des mêmes peines (article 313-3 du code pénal).

Par ailleurs, il est assez fréquent, qu’à la suite d’un phishing, la banque tente de contourner cette obligation en arguant la négligence grave du client sur le fondement de l'article L. 133-16 du CFM – qui dispose que l'utilisateur de services de paiement prend toute mesure raisonnable pour préserver la sécurité de ses "données de sécurité personnalisées".

 

Toutefois, nous rappelons que la charge de la preuve de l’existence de ces manquements repose sur l’établissement bancaire. Conformément à une jurisprudence constante sur la question (cf. en ce sens cass..com. 18 janv. 2017, no 15-18.102), c'est, en effet, au prestataire de paiement qu'il incombe, par application des art. L133-19-IV et L. 133-23 du CMF, de rapporter la preuve que l'utilisateur, qui nie avoir autorisé une opération de paiement, a agi frauduleusement ou n'a pas satisfait intentionnellement ou par négligence grave à ses obligations. 

C’est à elle de prouver que vous auriez dû reconnaître la tentative de fraude et que vous avez fait preuve de négligence grave en transmettant vos données. 

 

N’hésitez pas à faire appel à un avocat qui vous épaulera face à la banque ou bien face à une escroquerie sur une plateforme de vente en ligne.


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